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L'étude des révolutions scientifiques permet de mieux poser une question brûlante : les religions
peuvent-elles évoluer ?
Je m'appuie sur l'historien des sciences Thomas Kuhn (La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, 1983). Il analyse la
façon dont un système de pensée, devenu principe général d'explication du monde, évolue dans le temps.
I. LES RÉVOLUTIONS SCIENTIFIQUES
1- Au cours des siècles, certains systèmes de pensée ont recueilli le consensus des sociétés, de leurs autorités et de leurs communautés
intellectuelles (savants). Devenu indiscutable, ce système était à la base de la conception du monde, il fondait les lois, la morale et la religion de la société.
Exemple : la cosmologie de Ptolémée. Elle n'a jamais été remise en cause jusqu'à Copernic et Galilée, devenue d'autant plus intouchable
qu'elle fournissait sa grille de lecture à la Bible. Le soleil et les planètes tournant autour de la terre, l'homme était considéré comme le centre de l'univers : au point qu'il
fallait que Dieu devienne homme, pour pouvoir sauver sa création. A partir de là, tous les dogmes chrétiens s'enchaînaient les uns aux autres.
2- Il arrive que quelques chercheurs s'aperçoivent que des phénomènes nouveaux apparaissent, ou plutôt qu'on ne les avait
jamais détectés ni pris en compte, et qu'ils semblent ne pas s'accorder avec le système de pensée devenu officiel. Ils "prennent conscience d'une anomalie, c'est-à-dire que la nature, d'une
manière ou d'une autre, contredit" le système de pensée (Kuhn p. 83).
3- Quand cela se produit, rien ne se passe. La nouvelle prise de conscience ne remet pas tout de suite en cause le système de pensée : on
essaye seulement de l'adapter, afin d'intégrer la nouveauté. On améliore des détails pour le préserver, pour ne pas qu'il disparaisse, et souvent on y réussit - pendant un
certain temps.
Autrement dit, la communauté des intellectuels - dépendante du pouvoir politique et de la pression sociale - se mobilise pour maintenir ce
qui a si bien marché jusqu'alors. Les officiels (y compris les intellectuels) ont horreur des ruptures brutales, leur pente naturelle est le conservatisme : l'
intelligentsia préserve sa position honorifique et le pouvoir qui l'accompagne. Quant aux gens du peuple, ils n'ont d'autre choix que de les suivre, ce qu'ils font d'autant plus
volontiers qu'eux-mêmes craignent aussi l'aventure : une rupture de l'ordre du monde conventionnel, dont ils ne peuvent comprendre ni les tenants ni les aboutissants, leur paraît
toujours aventureuse.
4- Après beaucoup de temps, et de nombreux replâtrages plus ou moins réussis, les incohérences s'accumulent au point qu'on
en vient à douter du système de pensée traditionnel. La communauté intellectuelle "entre en crise" : les défenseurs acharnés de l'ordre établi s'opposent à ceux qui le mettent en
doute.
"Les crises sont une condition préalable et nécessaire de l'apparition d'un nouveau" système de pensée (id., p. 114).
5- Aucune sortie de crise n'est possible tant qu'on n'a pas sous la main un nouveau système de pensée, capable de remplacer
le précédent.
Il faut noter que ce nouveau système de pensée peut être fort ancien : ainsi, Aristarque de Samos, au III° siècle avant J.C., soutenait déjà
que la terre tournait autour du soleil en même temps que sur elle-même. Cette idée fut qualifiée d' "incroyablement ridicule" par Ptolémée lui-même. Elle n'a pas été adopté à l'époque, d'abord
parce qu'elle n'était pas conforme à ce qu'observaient les gens ordinaires (le soleil se lève à droite, se couche à gauche : la terre ne bouge pas). Ensuite, parce qu'elle
s'accordait mal avec la mythologie gréco-latine. Et encore plus tard, parce qu'elle n'allait pas dans le sens d'une certaine lecture de la
Bible.
Kuhn remarque qu'un nouveau système de pensée chemine toujours lentement, à partir de "quelques premiers
adhérents" : on n'assiste jamais à une "conversion du groupe en bloc" (id., p. 217).
6- Pendant longtemps, ces "premiers adhérents" cherchent en vain à convaincre leurs collègues, ils sont en butte aux
persécutions des autorités (Galilée).
Un jour, le nouveau système de pensée finit quand même par s'imposer : on oublie alors totalement le précédent, et on
réécrit l'histoire en présentant le nouveau modèle comme s'il s'inscrivait tout naturellement dans une suite logique de développement. "Une fois réécrits, les manuels déguisent
inévitablement non seulement le rôle, mais l'existence même des révolutions qui sont à leur origine" (id., p. 191).
L'Histoire est toujours réécrite pour masquer la mémoire des crises. Les sociétés ayant peur des révolutions, on cache
d'abord le caractère révolutionnaire du nouveau système de pensée, puis on oublie de quelle crise il est né.
II. L'ÉCRITURE DE LA BIBLE
La Bible est née de ces crises successives.
Ainsi, la réforme de Josias une fois accomplie, on va réécrire l'Histoire pour laisser à entendre que les juifs ont été
monothéistes depuis leurs origines : il faut une étude attentive des textes pour s'apercevoir que l'idée d'un Dieu unique a cheminé lentement en Israël, et ne s'est imposée que
vers le IV° siècle avant J.C. Les auteurs de livres bibliques font tout leur possible pour nous faire croire qu'elle a été révélée dix siècles plus tôt, à Abraham.
Ainsi de la séparation d'avec le judaïsme d'où est né le christianisme : nous devons à la hargne de Paul contre ses
"collègues" apôtres le témoignage directe de l'épître aux Galates, sans lequel le compte-rendu des Actes donnerait l'impression que la transition du judaïsme au christianisme s'est faite tout
naturellement, après une discussion courtoise entre frères.
Ainsi de la transformation de Jésus, fils de Joseph, en Messie ressuscité d'abord, puis en Dieu : à lire
les évangiles, on a l'impression que Jean-Baptiste, puis Jésus lui-même, ont proclamé son statut extra-humain dès les origines, comme une révélation immédiate. Alors que cette transformation a
été lente, progressive, et s'est heurtée à des résistances farouches qui ont failli mener l'Empire romain à la guerre civile (Arius).
III. LE CHRISTIANISME PEUT-IL ÉVOLUER ?
Relevons les points communs avec l'évolution des systèmes de pensée scientifiques.
Comme on l'a vu, le judaïsme et le christianisme sont nés à la suite de révolutions : l'ancien système de pensée a été remis en cause, une
nouvelle doctrine est apparue. Des théologiens ont introduit dans les textes une réécriture du passé, ils ont transformé la révolution en Révélation. Le nouveau
système de pensée (monothéisme, divinité du Christ) s'est imposé comme une vérité qui remontait aux origines : il était révélé par Dieu, donc intouchable - c'était un dogme.
Pourtant, l'Incarnation a été très tôt contestée par une élite (Arius, Eutychès, etc.) qui a tenté de convaincre ses "collègues". En vain :
ce dogme était fondateur d'un ordre du monde défendu par les autorités, religieuses autant que laïques - unies dans le combat pour la préservation de ce qui est.
Née au XX° siècle, la recherche sur le Jésus historique met pourtant en lumière des "anomalies" flagrantes : il apparaît
que Jésus n'a jamais prétendu être un Dieu, que sa divinité a été inventée à la fin du I° siècle, selon un processus et pour des raisons que les chercheurs mettent en évidence.
Pour qu'un système de pensée change, il faut premièrement qu'il y ait crise, et deuxièmement qu'un nouveau système de pensée soit
disponible.
Aujourd'hui, il y a bien crise du christianisme. Le Concile Vatican II a tenté de remédier à cette crise par des
replâtrages d'ordre liturgique et disciplinaire, sans s'attaquer au cœur du problème : un édifice dogmatique qui ne correspond plus ni à notre connaissance du monde, ni à notre
connaissance des évangiles.
La crise demeure et s'amplifie donc, et quand on voit que même les replâtrages de Vatican II sont remis en cause, on comprend qu'un
nouveau système de pensée religieux ne pourra jamais s'imposer pour remplacer l'ancien, le christianisme en crise.
Pourquoi ? Parce que, à la différence des sciences, la religion est basée sur l'irrationnel. La compréhension des textes
sacrés est maintenue telle quelle (malgré les évidences contraires), parce qu'elle satisfait cet irrationnel en le justifiant.
Si le christianisme était purement rationnel, il pourrait évoluer comme les sciences, par crises donnant naissance à un
nouveau système religieux. Mais il touche à ce qu'il y a de plus profond dans l'Homme, sa peur de la mort, son besoin d'échapper à la dure condition humaine en rêvant à sa propre
divinisation.
Je ne crois pas que la redécouverte de la personne de Jésus pourra bientôt transformer le christianisme. C'est
pourtant la seule issue possible à la crise actuelle, beaucoup plus profonde qu'on ne croit, tellement profonde que les Églises chrétiennes refusent de la prendre en compte - aujourd'hui comme
hier.
Peut-être n'a-t-on pas encore touché le fond, peut-être, alors, un renouveau sera-t-il envisageable ?
Pendant longtemps encore, il y aura donc des pionniers, maintenus dans l'ombre, traités par le mépris, l'indifférence ou le dénigrement.
"Et pourtant, elle tourne !"
M.B., 4 juillet 2009






Je reprends la traduction de chouraqui et rien dans le texte ne dit s'il écrit avec son doigt sur le sable ( supposition grauite je te l'accorde) où sur un dallage ( mais je ne vois pas comment on pourrait écrire avec son doigt sur un dallage peut etre y avait il de la poussière au sol ;o))) cela n'a en réalité pas grande importance
La femme adultère
1. Iéshoua‘ se retire au mont des Oliviers.2. À l’aube, de nouveau, il arrive au sanctuaire.
Tout le peuple vient à lui. Il s’assoit et les enseigne.
3. Les Sopherîm et les Peroushîm amènent une femme surprise en adultère.
Ils la placent debout, au milieu,
4. et ils lui disent: « Rabbi, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
5. Dans la tora, Moshè nous a prescrit de lapider celles-là. Toi, donc, qu’en dis-tu ? »
6. Ils disent cela pour l’éprouver, pour avoir de quoi l’accuser.Mais Iéshoua‘ se penche et, de son doigt, il écrit à terre.
Ce n'est pas parce qu'en Jean 10 -23 on y parle du portique que nous devons de penser que ce jour là il s'y trouvait. Il est dit :
À l’aube, de nouveau,( je suppose le lendemain matin ) il arrive au sanctuaire. c'est très vague non ?
Jn 8,6 : tô dactylô katégraphen eis tèn gên.
Tô dactylô : du doigt
Katégraphen : il écrivait (il traçait des signes, grapsai)
Eis tèn gên : sur la terre. Gè désigne le sol, par opposition à la voûte céleste.
Traduire "il écrivait" par "il dessinait des lettres", et "sur la terre" par "sur un support capable de garder la trace de l'écriture", c'est tirer le texte à soi.
Dans l'enceinte du Temple, le Portique de Salomon était réservé aux enseignements et discussions rabbiniques : nombreux témoignages dans ne Nouveau Testament, et dans la littérature juive de l'époque.
Amicalement
M.B.
Bonjour Michel,
Ce n'est pas la première fois que vous avez des mots de mépris envers les gnostiques. Donc ce n'est pas un procès d'intention mais bien la triste vérité. Je vous cite:
"On trouve certainement, dans certains textes de Nag-Hammadi, l'écho de paroles (ou les paroles mêmes) de Jésus. Mais, vous le savez bien, enrobées dans un fatras de religion cosmique parfois délirante, et sans intérêt pour moi (pour nous ?)"
"Chère Madeleine,
Le gnosticisme est une nébuleuse qui parcourt les siècles, jusqu'à aujourd'hui (l'administration Bush n'était-elle pas "gnostique" ?)
On y trouve à boire et à manger. L'ivresse, et l'indigestion."
"C'est parce qu'ils étaient dualistes (gnostiques) que les Esséniens étaient à la fois dogmatiques et sectaires. Couper le monde en deux, "eux et nous", ne jamais voir en ceux qui ne sont pas de notre bord que des ennemis à combattre, s'interdire de pactiser, de collaborer, de fraterniser avec eux, c'est l'inévitable conséquence du dualisme gnostique. On ne peut pas passer d'un camp dans l'autre."
"La Gauche française entretient avec le judaïsme tardif et avec le catholicisme une relation de haine / fascination qu'aucun de ses éléphants ne reconnaîtra jamais. Sa vision de la France est totalement gnostique : il y a une politique bonne, vertueuse, pure, c'est la nôtre. Et tout ce qui n'est pas cette conception du monde est mauvais, doit être combattu. Ni écoute, ni compromission, ni collaboration possible entre les "fils de Lumière" (la gauche) et les "fils des Ténèbres" (la droite). Il faut choisir son camp."
Restons-en là Michel, le procès d'intention est plutôt de votre côté!
Sans parler des amalgames qui arrangent votre discours.
Madeleine
Mettre en lumière un courant de pensée (le gnosticisme), en souligner les dangers et/ou les méfaits, ce n'est pas du mépris : c'est un effort de clairvoyance.
Amicalement
M.B.
1- Jésus voulait réformer le judaïsme dans la lignée des prophètes : non pas le judaïsme sacerdotal, institutionnel (les prophètes s'opposaient souvent à lui), mais le judaïsme prophétique,
Qu'a t il voulu réformer dans le judaïsme prophétique justement, puisque les prophètes se singularisaient déjà par rapport au judaïsme sacerdotal ?
Il n'emploie pas le mot "réformer", mais le mot "accomplir" - qu'on peut aussi traduire "prolonger jusqu'au terme" : "Je ne suis pas venu abolir la Loi et les prophètes, mais l'accomplir (pleromai)"
Cet accomplissement n'a été ni compris ni accepté par ceux qui ont fondé l'Église.
Amicalement
M.B.
vous vous étonnez de lire "Le "plus" touchant..." et vous déduisez que MB porte une haine envers les gnostiques. vous dites " décidément, vous semblez haïr les gnostiques". étrange pour le moins je ne vois pas là dedans de quoi ne serait ce que réprimender un chat. Il semblerait que vous soyez sur la défensive pour la moindre virgule mal placée. êtes-vous aussi bétonnée dans votre vie ? un peu de souplesse que diantre! vous semblez être sur les pas de Yéchoua ben youssef dit rabbouni jésus le nazoréen et vous semblez être des plus braquée . permettez moi de vous dire que la chose est assez incompatible, tout au moins dans l'esprit de jésus si je l'ai bien compris. Pour ma part je suis aller visiter votre blog ( très bien fait du reste, ) ) vous y avez amasser bien des choses, un peu comme la caverne d'ali baba. Quel domage que la fructification de ce trésor n'apparaisse pas dans vos contributions ! un peu comme dans la parabole des talents ( Mt 25 14-30 ) . Ne voyez pas de méchanceté dans mon propos, je voulez juste détendre l'ambiance de ce qui semble être votre rigidité. Ne soyons pas du peuple a la nuque raide, idolatre même de textes qui sont peut-etre en partie le délire d'un assoiffé de dieu, vivant dans le désert. Tout doit rester en mouvement au risque de mourrir. les idées comme les hommes. Jésus n'a rien écrit heureusement ( pardon oui une fois sur le sable ) sur le plan symbolique c'est plus que fort.
Bonne journée Madeleine
le vicaire
Ce qui me laisse à penser qu'il faut toujours retomber sur terre (exègèse allégorique, toute personnelle).
Amitié à vous deux
M.B.
"On trouve certainement, dans certains textes de Nag-Hammadi, l'écho de paroles (ou les paroles mêmes) de Jésus. Mais, vous le savez bien, enrobées dans un fatras de religion cosmique parfois délirante, et sans intérêt pour moi (pour nous ?)
Le pus touchant est sans conteste l'Évangile de Thomas, où environ 14 sentences semblent être "de Jésus"
Amicalement
M.B.
Le "pus" touchant... décidément, vous semblez haïr les gnostiques chaque fois que vous en parlez. Un peu d'ombre (jungienne) ? L'évangile selon Thomas est en bien des points semblables à celui de Matthieu, si vous preniez le temps de les comparer. Ah oui mais Matthieu, c'est "officiel" ;-)
Ce que vous esquissez là est un "procès d'intention" à mon égard.
J'ai l'habitude, mais cela me surprend toujours. Car cela retarde ou occulte le vrai dialogue.
Amicalement
M.B.
-a- Ce qu'il espérait faire (une réforme du judaïsme) ne se fait pas, on le crucifie.
Est ce que tu penses vraiment qu'il voulait réformer le judaïsme? Moi là ça me laisse dubitatif , je ne vois dans son comportement , ni dans ses dires rien qui laisse supposer cela. bien au contraire . Réformer c'est aussi proposer une structure, une hièrarchie, un pouvoir tout ce que jésus refusait justement. Que Jacques le frère s'y engage timidement oui . Que Paul s'y engage fortement oui ( il prêche dans les synagogues , propose une autre vue d'ouverture du judaïsme pour s'ouvrir aux nations pour que s'accomplisse la prophétie ) mais jésus ...! Son approche est tellement individualisée dans une relation personnelle au (abba) d'où cette approche d'une spiritualité non (ecclésiale ?)non structurée . Du reste la question des apotres : " rabbouni dit nous comment priait jean le baptiste " m'a toujours posé question . Preuve que jusque là, jésus n'avait donné aucune consigne de prières. Pour ce qui est du " notre père "Mt 6/7 il me semble plus que décalé avec l'esprit du rabbouni et en désaccord ave le Mt6/5. en tous cas je préfère le pater de de Lc .
Mais autre détail , j'ai dit perdre et bien souvent perdre ne veux pas dire échec . tendre l'autre joue n'est pas un echec c'est au contraire d'une violence inouï. On peut très bien "gagner " quelqu'un a sa cause en perdant. et dans ce cas ce n'est en rien un échec . Le grain en pourrissant n'est pas un échec . Un échec serait qu'il ne puisse pas germer ensuite . Mais là la mort n'est pas un échec c'est l'étape nécessaire à la fructification future comme tu le dis si bien. Perdre c'est le contraire de gagner , encore une métanoïa. L'attitude de Gandi qui dit "vous ne voulez pas vous mettre d'accord ? et bien laissez moi mourrir de faim ! " c'est en " apparence " perdre , mais en réalité, c'est comme ça qu'il gagne . aucun échec là dedans . Même si en poursuivant il était mort, c'était de toute les façon une vraie victoire. Ceci expliquant le mot de paul " mort où est ta victoire ? " détourné bien sur dans un autre sens.
Je serais bien intéressé par un sujet de réflexion commun a quelques uns ( unes) a notre niveau bien sur . je ne veux pas croiser le fer avec les maitres . ;o))
Cher Vicaire :
1- Jésus voulait réformer le judaïsme dans la lignée des prophètes : non pas le judaïsme sacerdotal, institutionnel (les prophètes s'opposaient souvent à lui), mais le judaïsme prophétique, c'est-à-dire non-institutionnel, individuel si tu veux l'appeler ainsi (en Israël, rien n'est jamais individuel). Donc, pour comprendre Jésus, il faut se tourner vers les prophètes, d'Élie à Malachie.
2- Sue la prière donnée par Jésus à ses disciples (le "Pater") : le cadre de ce blog ne me permet pas de te répondre. N'oublie jamais que les évangiles ne sont pas écrits par Jésus lui-même !
3- "Une réflexion commune" : j'en rêve, je l'appelle de mes voeux, je l'attends jour et nuit : mais je ne connais aucune structure qui permette la rencontre & la recherche ouverte. Il reste encore quelques associations chrétiennes, vieillissantes et sclérosées, dont il semble qu'il n'y rien à attendre.
Si tu le souhaites, on peut en parler, ou même se rencontrer à ce sujet. Mais je crains que nous soyons bien seuls !
Les "maîtres" : il ne s'agit pas de "croiser le fer" avec eux, mais d'écouter, puis d'entendre, l'expérience de ceux qui travaillent sérieusement et depuis longtemps. Si ce sont des vrais, ils ne cherchent jamais à imposer les résultats de leur recherche, mais demandent à être écoutés, puis critiqués. L'écoute critique est indispensable à la recherche.
Amitié
M.B.
Bonjour Michel,
Heureuse de voir que votre retraite vous a permis de retrouver une certaine vacuité pour une respiration nouvelle! Ne rien trahir ni détruire mais évoluer ;-)
Je ne désire pas vous convertir aux gnostiques mais puis-je vous conseiller de méditer sur les textes de Nag Hammadi ? Ils ne sont pas tous faciles à lire mais, personnellement, j'y ai trouvé ça et là ce qui m'a semblé être le souffle authentique de "Jésus":
http://marie-madeleine.over-blog.net/article-31976232.html
amicalement,
Madeleine
Le pus touchant est sans conteste l'Évangile de Thomas, où environ 14 sentences semblent être "de Jésus"
Amicalement
M.B.
Jésus a échoué, ses poignets cloués.
François d'Assise a échoué, vaincu par l'ordre en vigueur.
On pourrait écrire une "dynamique de l'échec".
Justement Jésus ne dit il pas en prenant le contre pied " moi je vous demande de perdre" " devenez des petits enfants " " aimer vos ennemis " d'être le dernier " pour être le premier dans le royaume est ce qu cela à un sens pour toi ? ou ce ne sont que des mots ? Mais ce que nous appelons échec chez jésus c'est une réussite ! Toujours la métanoïa ! J'aime bien ce regard inverse un peu comme dans le miroir ou dans le prislme rétinien oui le monde est a l'envers dans toutes ses dimensions mais nous nous sommes très bien habituer a ça reste qu'il nous faut le renverser pour y trouver un sens novateur .
J'ai appris que fut un temps les époux turqs ne se connaissaient pas et que lors du mariage ils ne voyaient l'autre pour la première fois que dans le refflet d'un miroir histoire d'avoir la même image que celui qui se regarde dans le miroir c'est a dire l'image inverse car nous ne voyons de nous dans le miroir que notre image inverse.
L'inversion est bien l'image du pendu dans le tarot et la position du yogi c'est la tête en bas . Alors Jésus , procède toujours du contraire de ce qu'on attendait de lui ( peut être une exeption avec lazare. a voir). Et les exemple sont légions dans les évangiles , une troisième voie, ce à quoi on ne s'attends pas . C'est là qu'il est gagnant. en refusant le pouvoir, le savoir et l'avoir. Tu diras tu campes un peu sur tes positions , c'est vrai ! Je ne suis pas un érudit c'est vrai ( tu ne t'es jamais géné pour me le faire sentir, mais je m'en fout j'ai lu l'ecclésiaste) ! mais je sais que la compréhention du message de jésus était accessibles aux plus petits, aux plus simples, aux pauvre en esprit. Ont il vraiment échoué ? pas si sur, la preuve est que 2000 ans plus tard nous avons toujours des choses a dire la dessus. Oui " la dynamique de l'échec chez jésus" me va bien comme titre . puisque c'est le contraire que ce qu'a fait l'église. Faudra peut-être que cette église perde tout demain pour qu'elle devienne alors et enfin disciple de jésus. Toi, tu auras fini de régler tes comptes avec 20 siècles de procès et tant mieux. Tu seras enfin libre comme jésus d'aller mourrir pour tes idées en acceptant totalement cette fin. Au fond il nous dit quoi ? que c'est un commencement ? tient !! encore une inversion ?
Le père Jean Cardonnel est mort hier . un jour lors d'une petite célébration entre nous, le pain était un peu rassi . il prit le pain et ne pouvant le rompre qu'avec de grandes difficultés, il le posa et dit : "Voyez mes amis comme dans la vie il est difficile de rompre !" un grand silence et tout était dit. Ce jour là nous sommes convenus que l'eucharistie qui nous mettrait en communion lui et moi se présenterait sous la forme d'un plat de spaguettis. Et nous avons bien rigolé !
Avec ta réflexion, nous sommes au coeur, non seulement de la vie de Jésus, mais des nôtres. Parce que, quand on est lucide (on le devient en vieillissant !), on s'aperçoit que sa propre vie est un tissu d'échecs.
Le juif Jésus fut-il un échec ? Oui, à un double titre :
-a- Ce qu'il espérait faire (une réforme du judaïsme) ne se fait pas, on le crucifie.
-b- Après sa mort, il est transformé en Messie puis Dieu (échec posthume).
A-t-il prêché l'échec ?
Certes non : le grain est semé pour porter du fruit. Mais pour s'enraciner et donner ce fruit, il doit pourrir = mourir.
L'échec (pourrir) est une étape - nécessaire - de la réussite (fleurir).
C'est peut-être ça, la "dynamique de l'échec" chez Jésus.
N.B. : on trouve ça chez tous les grands maîtres spirituels, notamment le Bouddha Siddartha.
Meri de ta réflexion
M.B.
Je pense que nous sommes dans l'air du temps et précurseur d'un monde dont nous savons rien et qui sera différent. la spiritualité doit elle aussi évoluer car rien ne peut rester figé. Ce que deviendra le christianisme ne me préocupe pas du tout. je tente seulement de lever le nez et de sentir ce qui n'est pas encore exprimé comme si je devinais déjà les senteur de la fleur prochaine, en tout cas de s'en faire une idée même vague. Les premiers frémissements se font sentir c'est indéniable, un je ne sais quoi qui averti que quelque chose va changer. En son temps jean le baptiste avait bien eu les même présentiments, mais lui avait déjà fait un pas que nous ou d'autres ferons peut etre un jour. Peu importe nous savons déjà qu'il sera nécéssaire de combler les ravins et d'abatre les montagnes c'est a dire s'attaquer a l'impossible. Il suffit de commencer et tant pis si nous n'avons qu'une petite cuillère. Nous savons qu'il n'y a pas de recette, pas de formule et que le seul outil est l'amour . Mais c'est quand même pas aussi simple que les mots . Jésus donne des pistes , laisse des traces un peu comme les escargots. Nous savons beaucoup sur les traces mais peu sur l'escargot ou une vague idée. Attention de ne pas tirer des plans sur la comète et décrire sur notre imagination ce que nous ignorons. Faudra bien qu'a partir des traces que nous suivons, nous devenions escargots nous même pour s'en faire une réelle idée. Et encore ! A nous de naitre de nouveau, d'en haut , de l'esprit pour pouvoir enfin avoir accès au royaume, c'est a dire quitter la représentation du monde que je me fais tous les jours pour, par un retournement, en changeant mon point de vue avoir une autre représentation.
Je ne peux que t'inciter a commencer a accumuler des notes. je sais que cela est dans tes cordes . Peut etre es tu encore trop attaché a ta tradition, son avenir, ses derniers soubresauts. Avance sans oublier que ce que tu es est aussi en partie ce qu'il ont fait de toi. Mais je suis confiant. Le semeur de jésus ne semait pas sur le chemin ( la voie toute tracée, sa tradition ) mais cherchait la bonne terre. Patience.
Jésus a échoué, ses poignets cloués.
François d'Assise a échoué, vaincu par l'ordre en vigueur.
On pourrait écrire une "dynamique de l'échec".
A suivre.
Le combat durera tant qu'il y aura des combattants...
M.B.
La vie d'un corbeau ou d'un loup est faite d'un enchaînement de comportements qu'on pourrait appeler ritualistes, si on était en mesure de leur attribuer une signification transcendante.
Pour nous humains, c'est clair, nous ne pouvons pas nous passer de rituels.
Question 1 : comment l'homme Jésus s'est-il situé vis-à-vis du ritualisme ?
Question 2 : si l'on arrive à le savoir (j'y travaille), peut-on transposer son attitude dans nos sociétés, nos psychologies actuelles ?
Merci
M.B.
Autant pour moi, st Thomas d'Aquin: "la certitude que donne la lumiére divine est plus grande que celle que donne la lumiére de la raison naturelle" et c'est le catéchisme de l'église catholique(page 44/157) qui débute le paragraphe par "la foi est certaine.." et ensuite s'appuie sur la phrase ci-dessus.
La ré-évolution sera fera par la dilution progressive de la tradition mythique et des emprunts, adaptation des différents cultes païens d'avant et des premiers siécles aprés J-C. Alors on retrouvera le vrai personnage de l'homme qui a revolutionné les rapports humains.
Un dessinateur connu a écrit:" nous sommes à jamais chrétiens, même si nous ne le sommes plus.La pensée des Lumières est à 100% CHRISTIQUE-même pour la nier.Les laïcs occidentaux portent en eux Jésus dissous, comme le sel dans la mer.Ca passe par l'éthique, l'éducation, non par le rituel".
Question : la crise de l'Occident/chrétienté qui a éclaté voici environ 50 ans n'est-elle pas plus profonde, plus originale que les autres ? Ne ramenons-nous pas toujours l'inconnu au connu, par crainte & paresse de l'inconnu ?
Si cette crise (cemme je le crois) a tous les aspects d'une radicalité encore jamais vue, la notion d'issue de crise change.
Et revenir à l'homme Jésus (ce qui n'a encore jamais réussi, malgré les tentatives depuis les nazôréens historiques) redevient une possibilité.
Merci !
M.B.
Haren
En quelques lignes, tu traces le programme du prochain livre auquel j'hésite de m'attaquer depuis des années.
Mais je vais m'y mettre.
Verra-t-il le jour ?
MERCI !
M.B.
Ils ont transformé la Révolution en Révélation,
Doit-on procéder au renversement contraire procéder de la "métanoïa" à savoir transformer la révélation en révolution pour retrouver un semblant de cohésion dans ce que nous pourrions appeler une nouvelle approche de la spiritualité à savoir; débarrassée enfin de ce Dieu absent, impuissant, dont l'image encombrante du père tout puissant est assez castratrice pour ne pas pouvoir se libérer sans dommages de ces dogmes anéantisseurs ? N'est-ce pas ce qu'avait fais déjà en son temps Jean le baptiste en demandant aux juifs qui passaient par là " convertissez-vous ! " à quoi me direz vous? Au christianisme ? Certes non. Et jésus a su prendre ce contre pied extraordinaire offert par Jean (dont on sait peu de chose de son discours) pour en faire une vraie révolution des mentalités, peut être la plus novatrice, la plus profonde, la plus folle que l'humanité ait connu. Position intenable pour les nouveaux apôtres comme Paul qui s'est empressé de transformer cette belle révolution intérieure en révélation extérieure. Revoir " la dernière tentation du christ " de Scorcèse. (passage de la rencontre de Paul et de jésus). Du coup "re-bétonnage" Jésus disparaît au bénéfice d'un christ ressuscité dans le ciel . 2000 ans ont passés et le béton s'effrite doucement mais sûrement. le navire Chrétien fait eau de toutes parts , l'embarquement proposé par jésus pour passer sur l'autre rive, se transforme en radeau de la méduse. Même "la foi " (qui n'est plus ce qu'elle était puisqu'elle n'est plus certitude) ne suffit plus. Le doute s'est infiltré entre les planches de la barque, le bateau coule et personne ne pourra continuer à pied. Le capitaine à beau crier " N'ayez pas peur ! " tout le monde tremble pour sa pauvre carcasse car on ne croit plus vraiment à ce paradis promis! Fini . Reste une tradition, une survivance, un semblant d'appartenance à une ex-communauté mourante et has-been.
Il est temps de sortir les canots de survie et de se laisser porter un moment par le vent( qui souffle où il veut). Relire " éloge de la fuite *" Henri Laborit. La fuite, [*Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.]Notre crise, qui se veut aussi spirituelle n'en est qu'a son début. Nous nous devons de tout revoir à la lumière de nos erreurs , de nos errances. Mais pour cela, il est nécessaire de rompre ( il prit le pain et le rompit) quel symbole détourné de sa vocation première ! ( c'était ça sa révolution ) nous devons rompre avec nos habitudes, nos train-train quotidiens, tout ce que nous connaissons et tenons pour vérités , pour acquis( les passages dans les évangiles ne manquent pas pour mettre cette attitude en évidence. Ce renversement, dois tout d'abord être intérieur et non extérieur ( je dois changer pour que le monde change ) c'était la proposition de Jésus, c'était ça ce qu'il appelait " l'accès au royaume " ( voir le dialogue a Nicodème) cette proposition, est toujours et plus que jamais d'actualité. Il suffit de dépoussiérer un peu 2000 ans dans la cave sans y toucher c'est trop. A nous de nous l'approprier pour en faire le terreau de notre changement et accepter ce changement. Nous aussi nous avons nos bétons.
Je suggèrerais de revenir à Jésus : en lui-même, son enseignement & ses attitudes sont révolutionnaires. En mettre qques-uns en pratique, en imiter qques-unes, ce serais déjà pas si mal. Et là, nous avons un révolutionnaire pacifique - puisque la révolution qu'il propose est d'abord individuelle, intérieure.
A part Jésus, qui suivre (quand on est de culture occidentale) ?
Aujourd'hui, je commence.
Amicalement
M.B.
que faire contre l'argument de St Thomas d'Aquin: "la foi est certaine et est plus certaine que toute les connaissances humaines parcequ'elle se fonde sur la parole même de Dieu, qui ne peut pas mentir".
Foi que l'on nourrit avec des textes irrationels pour la rendre encore plus indéfinissable. Les arguments rationnels ne prennent pas sur elle.
Le christianisme est englué dans cette rhétorique immuable et inconcevable, ça lui bouche les ouvertures.
2° remarque : Thomas d'Aquin est un homme d'Église, un homme de son temps (le XIV° siècle, avant les Lumières). Ce fut un pionnier et un novateur extraordinaire, notamment sur la question des rapports de la foi et de la raison. Mais dans son oeuvre immense, on trouve des choses de ce genre !
Il ne faut pas trop se bloquer dessus : il peut s'être senti obligé d'affirmer certaines choses, qui contredisent totalement la démarche d'ensemble de sa pensée.
Cherchez le meilleur, laissez tomber ces petites épines.
Englué, le christianisme l'est, ça s'est sûr ! Question : comment sortir de la glu ?
Amicalement
M.B.
J'ai trové Votre adresse par pur hasard et j'en suis contente.
Grand merci
taia
Bienvenue.
M.B.